Salaire Moyen en Tunisie : Tendances, SMIG et Pouvoir d'Achat en 2026

Le salaire moyen en Tunisie en 2026 ? C’est plus qu’un chiffre. C’est une question de dignité, de survie parfois, et d’équilibre fragile entre justice sociale et réalité économique.

Le pays navigue entre pression sociale, inflation galopante et besoin d’attractivité pour les investisseurs. On parle d’un SMIG revalorisé, d’un pouvoir d’achat en berne, de disparités régionales criantes, et d’un dilemme national : comment protéger les plus modestes sans tuer la machine à créer des emplois ?

Cet article fait le point avec les données les plus récentes, sans fard, sans optimisme forcé.

Vue d'une scène de marché animé en Tunisie, illustrant le quotidien économique

Le Salaire Moyen en Tunisie en 2026 : Chiffres Clés

À première vue, le revenu mensuel moyen par habitant en Tunisie tourne autour de 325 dollars selon les estimations de la Banque Mondiale pour 2024, chiffre souvent projeté pour 2026 faute de données plus fraîches. Cela donne un revenu annuel brut d’environ 3 900 dollars par tête. Ce n’est pas négligeable, mais il faut aussitôt nuancer.

En comparaison, la moyenne africaine se situe à 163 dollars mensuels, tandis que la moyenne mondiale atteint 1 135 dollars. La Tunisie se positionne donc clairement au-dessus du reste du continent, mais reste loin derrière les standards internationaux.

Pourtant, ce chiffre par habitant est trompeur. Il inclut les inactifs, les enfants, les retraités, et surtout, il masque les inégalités. Le salaire moyen brut national, lui, est estimé entre 924 et 950 dinars tunisiens par mois. C’est une autre dimension, plus réaliste pour les actifs.

Et même là, le fossé avec le SMIG est énorme. Un travailleur au salaire minimum touche 528 dinars, soit moins de la moitié du salaire moyen. Cela montre une dispersion salariale importante, probablement accentuée par les disparités sectorielles.

Le secteur privé, notamment les industries d’exportation comme le textile ou l’électronique, tend à rémunérer autour du SMIG, voire légèrement au-dessus. Tandis que les métiers qualifiés, le public, ou les entreprises étrangères implantées offrent des rémunérations nettement supérieures. Cette dualité structurelle du marché du travail est l’un des grands enjeux du pays.

📊 Salaire Moyen en Tunisie (Estimations 2026)

Revenu moyen par habitant

~325 $ / mois

(selon BM 2024, projeté 2026)
Salaire moyen brut national

924 - 950 TND / mois

(pour les actifs)
SMIG (48h)

528,320 TND / mois

(depuis Janvier 2025)

Le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) en Tunisie

Le SMIG, c’est le plancher légal. Et en 2025, il a de nouveau été revalorisé. Pas de petite augmentation : une hausse de 7,5 % au 1er janvier 2025, après une première de 7 % en mai 2024. Une progression cumulée de 14,5 % en moins d’un an, sans précédent dans l’histoire récente du pays.

Cette décision n’est pas tombée du ciel. Elle répond à une pression sociale croissante, des grèves sectorielles, et surtout, à une inflation qui a rongé le pouvoir d’achat des Tunisiens pendant des années. Entre 2021 et 2024, l’inflation cumulée a flirté avec les 30 %. Le SMIG, bloqué pendant trop longtemps, ne couvrait plus rien.

Alors, quels sont les montants en vigueur depuis 2025, et donc applicables en 2026 ? Pour un contrat de 48 heures hebdomadaires, le SMIG s’élève à 528,320 dinars bruts mensuels, soit environ 155 euros. Le taux horaire est de 2,540 dinars.

Pour un régime de 40 heures, le montant est de 448,238 dinars bruts mensuels, avec un taux horaire légèrement plus élevé à 2,586 dinars. Cette particularité, contre-intuitive, s’explique par des ajustements historiques liés à la productivité.

Dans le secteur agricole, le SMAG (Salaire Minimum Agricole Garanti) est fixé à 20,320 dinars par jour. Un chiffre qui a lui aussi atteint un record en janvier 2025, après des années de stagnation.

Ces montants sont exprimés en brut. Mais le salaire net perçu par le travailleur est bien inférieur. Les cotisations sociales entrent en jeu, et elles pèsent lourd.

Type de Contrat Montant Mensuel Brut (TND) Taux Horaire (TND) Équivalent Mensuel (EUR)
48 heures/semaine (SMIG) 528,320 2,540 ~155
40 heures/semaine 448,238 2,586 ~130
SMAG (agricole) 20,320 / jour N/A N/A

Salaire Net vs Coût du Travail : La Double Peine

Entre ce que touche le salarié et ce que coûte le poste à l’employeur, il y a un gouffre. C’est là que réside une grande partie du débat économique.

Le taux global de cotisation à la CNSS est désormais de 26,75 % du salaire brut. Réparti entre 17,07 % à la charge de l’employeur et 9,68 % pour le salarié. C’est une charge considérable, surtout pour les PME.

Prenons l’exemple d’un travailleur au SMIG de 528 dinars. Le coût total pour l’employeur dépasse 650 dinars mensuels. Pourtant, le net perçu par le salarié, après déduction des 9,68 %, est inférieur à 480 dinars. Et ce, sans compter d’éventuelles retenues fiscales ou cotisations complémentaires.

Il y a aussi les primes obligatoires : transport, présence, parfois repas. Elles ajoutent environ 40 dinars mensuels. Mais elles sont versées par l’employeur en plus du salaire de base. Le salaire net reste lui aussi très en dessous du seuil de vie décente.

Ce déséquilibre crée une pression sur les entreprises. Trop de charges sociales freinent l’embauche formelle. Beaucoup préfèrent recourir à des contrats précaires ou à l’économie informelle, ce qui prive les travailleurs de protection sociale.

Graphique illustrant la répartition du coût du travail entre employeur, cotisations et salaire net en Tunisie

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Pouvoir d’Achat en Tunisie : Le SMIG Sert-il à Survivre ?

La question n’est pas de savoir si le SMIG est suffisant. Elle est de savoir s’il permet de vivre. Et la réponse, malheureusement, est claire : non.

Selon les estimations de l’Institut National de la Statistique (INS), un revenu mensuel d’environ 4 000 dinars serait nécessaire pour couvrir les besoins essentiels d’un ménage moyen en Tunisie. Logement, alimentation, éducation, santé, transport.

Le SMIG de 528 dinars représente donc moins d’un huitième de ce seuil. Un salarié au SMIG ne peut pas subvenir seul aux besoins d’un foyer. Il faut souvent plusieurs revenus, ou un soutien familial, pour survivre.

Et l’inflation ? Elle a été galopante, mais la revalorisation du SMIG de 7,5 % en 2025 dépasse légèrement l’inflation annuelle de l’année précédente, estimée à 5,6 %. Un point positif. Mais elle ne compense pas les pertes accumulées depuis 2021.

Résultat : le pouvoir d’achat reste en berne. Les familles consacrent une part croissante de leur budget à l’alimentation et au logement. L’épargne est quasi inexistante pour les classes populaires. Et l’accès à la santé ou à l’éducation privée devient un luxe.

📉 Impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat

  • Inflation cumulée 2021-2024 : Près de 30%
  • Revalorisation SMIG 2025 : +7,5%
  • Inflation annuelle 2024 (estimée) : 5,6%
  • Seuil de vie décente pour un ménage : ~4 000 TND / mois
  • SMIG actuel (528 TND) : Moins d'un huitième du seuil de décence

Facteurs Influant sur les Salaires en Tunisie

Le salaire du Tunisien moyen dépend de plusieurs leviers, parfois contradictoires.

Premier facteur : le secteur d’activité. Le textile, l’assemblage mécanique ou l’agriculture offrent rarement plus que le SMIG. En revanche, les métiers du numérique, de la finance ou de l’ingénierie peuvent payer deux, trois, voire dix fois plus. La Tunisie forme des ingénieurs compétents, mais le marché local ne valorise pas toujours ces compétences.

Second levier : le niveau de qualification. Un diplôme d’ingénieur ou de master ouvre des portes que le SMIG ne permet pas d’atteindre. Mais le chômage des jeunes diplômés reste l’un des plus élevés du monde. Le diplôme ne garantit plus un emploi, encore moins un bon salaire.

Troisième élément : la localisation géographique. Tunis, Sousse ou Sfax concentrent les emplois bien rémunérés. Les régions intérieures, souvent oubliées, subissent un chômage structurel et une fuite des cerveaux. L’écart entre le littoral et l’intérieur est aussi économique que social.

Quatrième facteur : l’expérience. L’ancienneté compte, mais souvent lentement. Beaucoup de travailleurs stagnent pendant des années. Le système de promotion est peu dynamique, surtout dans le public.

Enfin, la conjoncture économique globale joue un rôle majeur. La croissance est faible, les investissements étrangers hésitants, la dette publique écrasante. Dans ce contexte, les augmentations de salaires sont limitées. Les entreprises n’ont pas les marges pour offrir plus. D'ailleurs, notre guide sur les métiers qui recrutent pourrait vous donner des pistes pour des secteurs plus porteurs.

Carte de la Tunisie montrant les disparités salariales régionales

Compétitivité Économique : Un Équilibre Précaire

La Tunisie a longtemps joué la carte du coût salarial bas pour attirer les investissements étrangers. Spécialement dans les zones franches, où les entreprises bénéficient d’exonérations fiscales.

Mais ce modèle vacille. Le Bangladesh, l’Égypte ou le Maroc offrent des salaires encore plus bas. Le SMIG tunisien, même après revalorisation, reste inférieur à celui de la Turquie ou de la Pologne, mais la productivité n’est pas au rendez-vous.

Les économistes s’inquiètent : une hausse trop rapide du SMIG, sans hausse de productivité, risque de pousser les entreprises à délocaliser. La compétitivité du pays en souffrirait. Et avec elle, les emplois formels.

Un autre danger : le basculement vers l’économie informelle. Si le coût du travail enregistré devient trop élevé, les employeurs préfèrent payer au noir. C’est un cercle vicieux : moins d’emplois déclarés, moins de recettes pour la sécurité sociale, plus de précarité.

Le gouvernement tente de jouer les équilibristes. D’un côté, il répond aux revendications sociales. De l’autre, il cherche à rassurer les investisseurs. Mais sans croissance forte, ce dilemme n’a pas de solution simple.

⚖️ Le Dilemme de la Compétitivité

  • Avantage historique : Coût salarial bas pour attirer les investissements.
  • Menace : Concurrence de pays aux salaires encore plus bas (Bangladesh, Égypte).
  • Risque : Délocalisation des entreprises si le SMIG augmente sans hausse de productivité.
  • Conséquence : Augmentation de l'économie informelle et de la précarité.

Perspectives et Défis pour 2026 et Au-Delà

Alors, que réserve l’avenir pour les salaires en Tunisie ? Les prévisions sont prudentes.

Les hausses du SMIG ne devraient pas s’arrêter du jour au lendemain. La pression sociale est trop forte. Une nouvelle revalorisation de l’ordre de 5 à 7 % pourrait être envisagée en 2026, mais dépendra de l’inflation et des résultats des négociations sociales.

Le salaire moyen, lui, évoluera lentement. Sans croissance forte, sans digitalisation massive, sans secteur privé dynamique, les salaires resteront sous pression. L’État, déjà endetté, ne peut pas augmenter les salaires de la fonction publique à la volée.

La vraie solution ? L’investissement dans la formation et la productivité. Former des travailleurs plus compétents, capables de créer de la valeur, pour justifier des salaires plus élevés. Mais ce chantier est long. D'ailleurs, notre guide sur les métiers de l’avenir et les formations associées pourrait vous aider à anticiper les évolutions du marché.

Le défi est aussi structurel. Il faut réduire l’écart entre le SMIG et le coût de la vie. Mais sans tuer la compétitivité. Il faut élargir la base fiscale, réduire la fraude, et sécuriser davantage les emplois.

Illustration de défis économiques avec des flèches et des graphiques montrant la croissance et l'inflation

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Question 2: Quel est le principal risque d'une hausse trop rapide du SMIG sans augmentation de productivité pour la Tunisie ?

Conclusion

Le salaire moyen en Tunisie en 2026 est le reflet d’un pays en tension. Entre un SMIG revalorisé mais insuffisant, une inflation qui ronge les salaires, et une économie qui peine à décoller.

Le chiffre de 924 à 950 dinars de salaire moyen cache des réalités très différentes. Pour certains, c’est confortable. Pour d’autres, c’est la misère. Le SMIG, même à 528 dinars, ne permet pas de vivre décemment. Au passage, si vous êtes intéressé par le marché de l'emploi, n'hésitez pas à consulter nos dernières offres d'emploi disponibles.

Le pouvoir d’achat reste fragile. Le coût total du travail pèse sur les entreprises. Et la compétitivité internationale est menacée par des salaires qui augmentent plus vite que la productivité.

L’avenir passe par une croissance durable, une justice fiscale réelle, et une formation professionnelle de qualité. Sans ça, les hausses de salaire resteront des coups de pouce ponctuels, pas une transformation profonde.

Questions fréquentes (FAQ) sur le salaire moyen en Tunisie

Quel est le salaire moyen en Tunisie en 2026 ?

Le salaire moyen brut national est estimé entre 924 et 950 dinars tunisiens par mois, selon les données 2025 projetées pour 2026.

Quel est le montant du SMIG en Tunisie en 2026 ?

Depuis janvier 2025, le SMIG est de 528,320 dinars bruts mensuels pour un contrat de 48 heures. Il n’a pas été modifié début 2026.

Le SMIG en Tunisie permet-il de vivre décemment ?

Non. Un revenu d’environ 4 000 dinars est estimé nécessaire pour un ménage décent. Le SMIG couvre moins d’un huitième de ce seuil. Franchement, comprendre le salaire moyen en Espagne peut donner une perspective intéressante sur les standards de vie.

Comment évoluent les salaires en Tunisie par rapport à l’inflation ?

La revalorisation du SMIG en 2025 (7,5 %) a légèrement dépassé l’inflation annuelle (5,6 %), mais ne compense pas les pertes accumulées depuis 2021.

Quels facteurs influencent le plus les salaires en Tunisie ?

Le secteur d’activité, le niveau de qualification, la localisation géographique, l’expérience professionnelle et la conjoncture économique globale. D'ailleurs, pour en savoir plus sur les salaires en France, vous pouvez consulter nos analyses détaillées.

Sarah Dubois

Sarah Dubois

Experte en Orientation Professionnelle

Spécialiste en développement de carrière avec plus de 8 ans d'expérience dans l'accompagnement professionnel. Sarah aide les candidats à identifier leurs objectifs de carrière et à naviguer efficacement sur le marché de l'emploi moderne.

Expertise : Formation professionnelle, reconversion, développement de carrière