Arrêt maladie : comment toucher 100% de votre salaire en 2026 ?

Vous êtes en arrêt maladie ou vous y pensez sérieusement ? L'idée de voir votre revenu fondre vous turlupine ? Vous vous demandez s'il est vraiment possible de toucher 100 % de votre salaire sans tricher ? Bonne nouvelle : c'est accessible pour beaucoup, mais pas automatique. En 2026, le jeu a changé. Entre réformes, inflation, et nouvelles obligations, il faut savoir jouer les bonnes cartes. Ce guide vous dit tout, sans langue de bois.

Calcul du salaire en arrêt maladie 2026

Tout d'abord, calmons le jeu. Un arrêt maladie, ce n'est pas une faute. C'est une réalité du monde du travail. Et heureusement, des mécanismes existent pour vous soutenir financièrement. Mais attention, ce soutien n'est pas universel. Il dépend de votre poste, de votre ancienneté, de votre entreprise, et parfois, de quelques coups de chance administratifs.

Maintenant, parlons chiffres. La Sécurité Sociale verse des indemnités journalières, certes, mais elles ne couvrent que la moitié de votre salaire brut. C'est là que tout se joue. Pour atteindre les 100 %, il faut combiner plusieurs leviers. Et c'est ce que nous allons décrypter ensemble, pas à pas.

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1. Comprendre l'indemnisation de base : Les Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS)

La première brique, c'est la Sécurité Sociale. Elle intervient avec les IJSS, des indemnités journalières versées dès que vous êtes en incapacité temporaire de travailler.

1.1. Conditions d'éligibilité aux IJSS

Pour en bénéficier, deux conditions principales s'imposent. Soit vous avez travaillé au moins 150 heures sur les 3 mois civils précédant l'arrêt. Soit, si ce n'est pas le cas, vous avez cotisé sur un salaire équivalent à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédents.

Cela vaut pour les CDI, CDD, intérimaires, et même certains contrats de mission. Rassurez-vous, pour la plupart des salariés stables, cette condition est remplie sans problème.

Cependant, si vous êtes en début de carrière ou en contrat court, attention. Un arrêt maladie trop tôt peut être mal indemnisé. C'est pourquoi il est crucial de connaître vos droits dès l'embauche.

Conditions pour toucher les IJSS en 2026

1.2. Le délai de carence : une période non indemnisée

L'IJSS ne commence pas le jour même de l'arrêt. Un délai de carence de 3 jours s'applique. Autrement dit, les premiers jours d'arrêt ne sont pas payés par l'Assurance Maladie.

Mais ce n'est pas une règle absolue. En cas d'accident du travail, de maladie professionnelle, ou de prolongation d'un arrêt déjà en cours, ce délai est supprimé. Les indemnités commencent dès le 1er jour.

De plus, si vous êtes en Affection de Longue Durée (ALD), certaines dérogations peuvent s'appliquer, surtout si votre médecin justifie une prise en charge immédiate.

1.3. Calcul et plafonnement des IJSS en 2026

Le montant des IJSS ? Il est égal à 50 % de votre salaire journalier de référence, calculé sur les 3 derniers mois de travail.

Prenons un exemple clair. Si vous gagnez 3 000 € brut par mois, votre salaire journalier de base est de (3 000 x 3) / 91,25 = 98,63 €. Vos IJSS s'élèveront donc à 49,32 € par jour.

Tranche de salaire brut IJSS maximales/jour Sur 30 jours
≤ 2 522,52 € 41,47 € 1 244,10 €
2 523 - 3 500 € 41,47 € 1 244,10 €
3 501 - 5 000 € 41,47 € 1 244,10 €

Mais là où ça coince, c'est le plafond. Depuis avril 2025, le plafond de revenus pris en compte pour le calcul des IJSS est passé à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 522,52 € brut mensuel. Au-delà, les IJSS ne sont plus calculées sur la totalité de votre salaire.

Conséquence directe : l'indemnité journalière maximale est désormais de 41,47 €. Pour un cadre gagnant 4 500 € brut, ça fait mal. Très mal.

Et ce n'est pas tout. Un décret daté du 12 novembre 2025 a instauré une nouveauté : le plafond IJSS sera désormais révisé deux fois par an, au 1er janvier et au 1er juillet, en fonction de l'inflation. En 2026, ça veut dire que les montants pourraient légèrement remonter, mais sans jamais rattraper les salaires réels.

1.4. Durée de versement des IJSS

Les IJSS ne durent pas éternellement. Pour un arrêt maladie classique, vous pouvez en bénéficier jusqu'à 360 jours sur une période de 3 ans. Passé ce délai, c'est terminé, sauf exception.

En revanche, si vous êtes reconnu en Affection de Longue Durée (ALD), le droit aux IJSS peut être prolongé jusqu'à 3 ans consécutifs, sous réserve de renouvellement médical régulier.

C'est une bouée de sauvetage pour les maladies chroniques, mais il faut rester rigoureux sur les justificatifs. Un oubli, une date manquée, et l'indemnité peut être coupée.

2. Les dispositifs complémentaires pour atteindre 100% du salaire

Les IJSS à elles seules ne suffisent pas. Pour toucher 100 % de votre salaire, il faut activer d'autres leviers. Heureusement, ils existent.

Compléments de salaire pendant arrêt maladie 2026

2.1. Le maintien de salaire par l'employeur

Votre employeur peut être votre allié numéro un. La loi impose un maintien de salaire pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté.

Ce maintien se fait en deux temps. Pendant les 30 premiers jours d'arrêt, vous percevez 90 % de votre salaire brut. Puis, pendant les 30 jours suivants, ce taux passe à 66,66 %.

Mais ce n'est qu'un minimum légal. Et c'est là que la magie peut opérer.

⏳ Ancienneté et durée de maintien

  • 1-5 ans : 30 jours à 90%
  • 5-10 ans : 35 jours à 90%
  • 10-31 ans : 40 jours à 90%
  • 31+ ans : 90 jours à 90%

💰 Taux de maintien

  • 1er mois : 90% du brut
  • 2e mois : 66,66% du brut
  • Ensuite : uniquement IJSS

Désormais, l'ancienneté joue un rôle clé. Plus vous êtes dans l'entreprise, plus la durée d'indemnisation augmente. Par exemple, avec 10 ans d'ancienneté, vous pouvez bénéficier de 40 jours à 90 %, puis 40 jours à 66,66 %.

Avec plus de 31 ans d'ancienneté, on monte à 90 jours à 90 % et 90 jours à 66,66 %. C'est rare, mais ça existe. Et ça fait une sacrée différence.

Toutefois, ce maintien ne démarre qu'après un délai de carence de 7 jours. Ce qui veut dire que, pendant une semaine, vous ne touchez rien de l'employeur. C'est là que les conventions collectives entrent en jeu.

2.1.2. Rôle des conventions collectives et accords d'entreprise

Beaucoup d'entreprises vont plus loin que la loi. Et c'est souvent grâce à la convention collective.

Dans des secteurs comme la banque, l'assurance, la pharmacie ou la métallurgie, il est fréquent que le maintien de salaire soit de 100 % dès le 1er jour, sous condition d'ancienneté. Souvent, il suffit de 3 à 12 mois pour en bénéficier.

C'est un énorme atout. Et ce n'est pas réservé aux cadres. Des accords d'entreprise peuvent offrir les mêmes avantages à tous les employés, indépendamment de leur poste.

Alors, comment savoir si vous en bénéficiez ? Consultez votre convention collective via votre service RH. Ou jetez un œil à votre bulletin de paie : parfois, une ligne "maintien de salaire" apparaît dès le 1er jour d'arrêt.

Et si votre entreprise a signé un accord de prévoyance ? Encore mieux. Parce que c'est là qu'entre en scène le troisième pilier : la prévoyance.

2.1.3. La prévoyance collective obligatoire

Depuis 2019, les entreprises doivent proposer une prévoyance collective, surtout pour les cadres. Ce contrat couvre en partie ou en totalité la différence entre les IJSS, le maintien employeur, et votre salaire net.

En pratique, voici comment ça marche. Vous avez un arrêt de 2 mois. Les IJSS vous versent 50 % de votre salaire brut. Votre employeur en verse 90 % pendant 30 jours. La prévoyance complète le reste, souvent jusqu'à 100 % du net.

C'est ce que l'on appelle le "bouclier salarial". Et il peut être très efficace, surtout en cas d'arrêt long.

Mais attention : les modalités varient. Certaines prévoyances n'interviennent qu'après 30 ou 60 jours. D'autres imposent un délai d'attente. Lisez bien les conditions de votre contrat. Sinon, vous risquez une mauvaise surprise.

2.2. La prévoyance individuelle facultative

Pas de prévoyance collective dans votre boîte ? Pas de panique. Vous pouvez souscrire à un contrat individuel.

C'est surtout utile pour les salariés non-cadres, les intérimaires, ou ceux dont la convention collective ne prévoit pas de maintien intégral.

Ce type d'assurance coûte entre 15 et 50 € par mois, selon votre âge, votre métier, et le niveau de couverture. Mais en cas d'arrêt, elle peut vous sauver la mise.

Par exemple, si vous gagnez 2 500 € brut et que vous perdez 800 € par mois pendant un arrêt de 3 mois, une prévoyance bien choisie vous remboursera cette perte. Mieux, elle peut couvrir les frais médicaux, les séances de kiné, ou même un soutien psychologique.

Et ce n'est pas qu'une question d'argent. C'est aussi une question de tranquillité d'esprit. Quand on est malade, on ne veut pas se battre avec l'administration. Une bonne prévoyance, c'est une couverture qui travaille pour vous.

2.3. Cas particuliers : primes d'objectif et arrêt maladie

On oublie souvent un point crucial : les primes. Surtout les primes d'objectif. Sont-elles dues pendant un arrêt maladie ? La réponse, c'est : ça dépend.

Mais depuis un arrêt de la Cour de cassation du 29 janvier 2025 (n° 23-17.112), les choses sont plus claires. Si la prime dépend de résultats collectifs ou de critères mesurables sans lien avec la présence physique, elle doit être versée.

Par exemple, si l'équipe atteint ses objectifs annuels, ou si les ventes du service ont augmenté, vous avez droit à votre part. Seule une prime strictement liée à la présence peut être suspendue.

Ça va vous permettre de vérifier votre bulletin de paie de décembre. Si vous étiez en arrêt et que la prime n'y figure pas, exigez un rappel. Citez l'arrêt de la Cour. Et si besoin, contactez un avocat spécialisé.

3. Les démarches essentielles pour garantir 100% de son salaire

Avoir les bons droits, c'est bien. Mais encore faut-il les activer. Et ça passe par des formalités strictes.

3.1. Déclaration de l'arrêt de travail

Le plus urgent ? Envoyer votre arrêt maladie dans les 48 heures. Volet 1 et 2 à la CPAM. Volet 3 à votre employeur.

Un jour de retard ? Vous risquez une réduction ou une suppression des IJSS. Et si votre employeur ne reçoit pas le justificatif, il peut refuser le maintien de salaire.

Alors, ne procrastinez pas. Une fois l'arrêt en main, envoyez-le immédiatement. Par voie dématérialisée si possible. Sur ameli.fr, tout est plus rapide.

Et pour les prolongations ? Même règle. Chaque renouvellement doit être transmis dans les 48 heures. Pas plus tard. Pas moins tôt.

3.2. Vérifier les conditions spécifiques de votre situation

Votre contrat de travail, votre convention collective, votre accord de prévoyance : ces documents sont vos alliés. Lisez-les. Relisez-les.

Si vous ne les avez pas sous la main, demandez-les à votre service RH. Ou cherchez-les sur le site du Legifrance. Beaucoup sont accessibles en ligne.

Et si vous êtes dans le doute, contactez un représentant du personnel. Ils ont souvent une bonne connaissance des usages locaux.

Cela va vous permettre d'éviter les mauvaises surprises. Par exemple, certaines entreprises exigent un compte-rendu médical après 15 jours d'arrêt. D'autres imposent une visite de reprise obligatoire.

Tout ça, c'est dans les règles internes. Et si vous ne les respectez pas, vous perdez vos droits.

3.3. Calculer et anticiper ses revenus

Avant même d'être malade, il est malin de savoir combien vous toucherez en cas d'arrêt. Heureusement, des outils existent.

Des simulateurs en ligne, comme ceux proposés par certains cabinets d'avocats ou des plateformes RH, permettent d'estimer vos IJSS, votre maintien employeur, et votre complément de prévoyance.

Mais attention : ces outils ne prennent pas toujours en compte les spécificités de votre convention collective. Alors, prenez les résultats avec des pincettes.

Et si vous êtes cadre ou en poste stratégique, demandez une simulation personnalisée à votre DRH. C'est votre droit. Et ça peut vous éviter de mauvaises surprises.

3.4. Téléconsultation et arrêts de travail (actualisation 2026)

Nouveau en 2026 : les règles sur la téléconsultation ont changé. Depuis le décret du 12 mars 2025, un arrêt prescrit en téléconsultation ne peut excéder 3 jours calendaires.

Il est renouvelable une seule fois, uniquement si l'arrêt émane de votre médecin traitant ou s'inscrit dans une ALD. Au-delà, une consultation physique est obligatoire.

Sinon, les IJSS sont coupées à partir du 4ème jour. Et vous perdez tout. Même si vous êtes réellement malade.

Ça va vous permettre d'organiser vos rendez-vous à l'avance. Ne vous fiez pas uniquement à la télémédecine. Elle est pratique, mais elle a ses limites.

Et maintenant ?

Vous savez tout. Ou presque. Parce que chaque situation est unique. Ce qui marche pour un collègue ne fonctionne pas forcément pour vous. Mais l'essentiel, c'est d'être informé, préparé, et surtout, proactif.

Si vous êtes en arrêt maladie, ne restez pas seul. Parlez-en à votre employeur. Consultez votre médecin. Vérifiez vos droits. Et si besoin, faites-vous accompagner.

⚠️ Points d'attention

  • Les titres peuvent varier selon les entreprises
  • Certaines organisations utilisent des hiérarchies différentes
  • Toujours vérifier la description de poste spécifique

Au passage, notre guide sur le salaire en arrêt maladie pourrait vous aider à y voir plus clair. Il décortique les cas concrets, avec des exemples chiffrés.

D'ailleurs, si vous pensez à changer de métier après une longue absence ? Peut-être est-il temps de faire un bilan. Un bilan de compétences peut vous aider à y voir plus clair sur vos envies, vos forces, et vos perspectives.

Enfin, gardez en tête une chose : être malade, ce n'est pas une faiblesse. C'est une étape. Et avec les bons outils, vous pouvez la traverser sans tout perdre. Votre salaire, votre sérénité, votre dignité.

❓ FAQ – Vos questions, nos réponses

Comment toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie ?

Pour toucher 100 % de votre salaire, combinez trois leviers : les IJSS (50 % du brut), le maintien de salaire par l'employeur (souvent 90 %), et la prévoyance (complète jusqu'au net). Vérifiez votre convention collective : certaines garantissent un maintien total dès le 1er jour.

Qu'est-ce que le délai de carence ?

C'est une période non indemnisée. Pour la Sécurité Sociale, il est de 3 jours. Pour l'employeur, il est souvent de 7 jours. Au-delà, les indemnités commencent à être versées.

Les primes d'objectif sont-elles dues en arrêt maladie ?

Oui, si elles dépendent de résultats collectifs ou mesurables sans lien avec la présence physique. Une décision de la Cour de cassation du 29 janvier 2025 le confirme. Seule une prime liée à la présence peut être suspendue.

Un arrêt en téléconsultation est-il valable ?

Oui, mais seulement pour 3 jours maximum, renouvelable une seule fois. Au-delà, une consultation physique est obligatoire, faute de quoi les IJSS peuvent être interrompues.

Comment vérifier mes droits en cas d'arrêt maladie ?

Consultez votre convention collective, votre contrat de travail, et votre accord de prévoyance. Contactez votre service RH ou un représentant du personnel. Vous pouvez aussi appeler la CPAM ou consulter votre compte ameli.fr.

La maladie fait partie de la vie. Mais elle ne doit pas vous ruiner. En 2026, les règles évoluent, mais les droits existent. À vous de les connaître. Et de les faire respecter.

Sarah Dubois

Sarah Dubois

Experte en Orientation Professionnelle

Spécialiste en développement de carrière avec plus de 8 ans d'expérience dans l'accompagnement professionnel. Sarah aide les candidats à identifier leurs objectifs de carrière et à naviguer efficacement sur le marché de l'emploi moderne.

Expertise : Formation professionnelle, reconversion, développement de carrière